Mardi 25 avril 2006
N'avez vous jamais eu cette sensation de flotter sur un nuage, de ressentir une émotion telle que vous oubliez ce qui vous entoure, le fond du verre devenant un trou noir qui vous attire, vous transporte ?...

Samedi soir, invitation de Benoit, pour un repas chez lui. Ce genre de rendez-vous, on s'y prépare, on y arrive avec un moral de vainqueur, sinon on prend le risque d'exploser en plein vol.

Apéritif :

Mas Lavail Muscat de Rivesalte : croquant de pèche, traditionnel.
Mayne d'Olivet 2001 : le blanc de Boidron (Corbin Michotte, Cantelauze) prend de plus en plus d'ampleur. Ce millésime commence à se révéler...
Domaine Ilaria cuvée Bixintxo 1994 : ce flacon m'a été offert par le propriétaire, Peio Espil, je n'avais jamais dégusté aussi vieux en Irouleguy. Un bouchon hallucinant, même pas un demi-millimètre entamé par le vin ! Un nez sur le rancio, champignon, humus, légèrement corsé. Une attaque fraiche et le reste est très déroutant. Benoit a reconnu le tannat (après un petit détour par le médoc ; ))) mais l'ensemble du vin était unique : une acidité encore présente, des tanins soyeux...belle expèrience.
Maury (blanc) de la Preceptorie : ça c'est de la pèche blanche ! J'avais beaucoup aimé à vinisud. Mais je crois me souvenir que La Rectorie produit également du Maury blanc...à vérifier.
Cuvée Léon Parcé de la Rectorie
: tant pis pour les puristes qui gardent le banyuls pour la fin du repas...on était encore frais ! Peut-être un petit quelque chose qui ressemblait à un goût de bouchon...bizarre j'avais déjà eu cette impression à vinisud...
Cuvée Clos du Moulin 2001 de Domaine du Mas Blanc (Collioure): un souvenir de vacances de Benoit, un superbe mourvèdre bien terreux comme je les aime. Evidemment à oublier trois ou quatre ans.

Fin de l'apéritif. Quand je vous disais qu'il fallait s'accrocher chez les Siber !

Repas :

Début du repas avec un mille feuille d'aubergine et saumon fumé relevé par de l'échalotte. Original et magistral en bouche. On en profite pour terminer le Mayne d'Olivet, seul rescapé de l'apéritif.

Cuvée les Cosprons Levants 1997 du Domaine du Mas Blanc : je suis impardonnable, j'ai oublié l'assemblage de cette cuvée. Mais ce vin m'a semblé aboutit, prêt, absolument parfait sur ce magret saignant (chez Benoit, c'est pas rosé, c'est saignant...sacré landais !). Dommage qu'il ne lui en reste plus.
Sociando Mallet 2003 Haut Médoc : ça y est, Benoit est chaud comme la braise, il veut ouvrir toutes les bouteilles de sa cave  ; ))). On commence donc par cette valeur sure du Médoc. Encore une fois trop jeune, mais il nous fallait au moins ça. Si vous n'avez pas encore ce vin en cave, débrouillez vous pour l'achetez. La preuve que l'on peut faire du bon vin sans baisser les rendements à outrance.

Là j'ai un trou...on a bu autre chose...mais trou noir...

Pour finir, le nuage dont je vous parler plus haut. Ma chère et tendre nous avait préparé sa merveilleuse charlotte aux fruits rouges. Benoit ouvre un flacon de 500 ml d'un breuvage étrange...

L'oublée Banyuls Hors d'âge de la Rectorie. Apparemment une barrique oubliée au fond du chai. Si on vous le sert à l'aveugle, cela ressemble à l'armagnac, visuellement. Et ensuite vous portez votre verre au nez...et la magie s'opère. Je ferme les yeux. Ma grand mère est en train de casser des noix et des amandes dans la cuisine, sur la toile cirée, j'ai cinq ou six ans, dans la ferme maternelle à Marquay, près de Sarlat dans le Périgord. Quelques effluves de l'étable se mèlent à tous ça. Du caramel, de la cire, du "trou-du-cul-de-la-vache", tout ce que j'aime.

Fin du repas. Cigare, Armagnac ? Que nenni. Franchement nul besoin.
Ce flacon est grand. Peut-être dû au hasard, mais vous le savez bien, il fait si bien les choses.

Ouf ! On doit rentrer. Evidemment je ne conduis pas. Merci Benoit pour cette belle soirée. Vivement le 15 Mai !
Samedi 22 avril 2006
J'ai organisé une belle dégustation hier soir à la cave. En résumé :

Château Peyruchet
2002 1ère côtes de Bordeaux
Château Caillivet 2004 Graves
Château de Braude 2003 Haut Médoc
Château de Côme 2001 Saint Estephe
Château de Rochemorin 2001 Pessac Léognan
Vieux Château Saint André 2001 Montagne Saint Emilion
Château Braude Fellonneau 2001 Haut Médoc
Signature du Clos Saint Vincent 2002 St Emilion GC
Clos Margalaine 2001 Margaux
Château Moulin Saint Georges 2001 St Emilion GC
Chapelle d'Ausone 2001 St Emilion GC

Merci à ceux qui se sont déplacés malgré les trombes d'eau qui tombaient sur Bayonne...
Jeudi 20 avril 2006

Jean-Luc Thunevin se lache de plus en plus sur son blog, notamment sur ces commentaires...et c'est de plus en plus drôle...

J'ai tendance à beaucoup respecter (même si je ne les connais pas) les personnes qui provoquent quelque chose à un moment donné. Critique, provocateur, ces personnes ont le mérite de faire bouger les choses...et de faire parler d'eux !

Donc la phrase du jour de Jean Luc Thunevin : " N'oublions jamais que la connerie est vraiment équitablement partagée dans notre société et qu'il n'y a pas de caste plus avantagée qu'une autre dans ce domaine."

Du beau, du bon, du Bizeul...

Jeudi 20 avril 2006

J'ai remarqué depuis quelques temps sur mon blog et sur des blogs que je visite des trackback que je nommerais de "pirate".

Je m'explique : comme vous pouvez poser un résumé de votre article sous le trackback avec un lien amenant sur un site quelconque, il est facile de créer un flux sur un site en trackbackant à tout va.

Un individu a trackbacké sur deux de mes artciles en ajoutant son lien qui abouti a un site politique sur les présidentielles 2007.

Je suis loin de me foutre totalement de ces élections mais mon blog n'est pas un lieu pour ça. Et créer un maximum de lien entre blog de cette façon est lamentable. Donc étant dans l'impossibilité d'effacer ces lien je vais devoir effacer les articles (pour les réécrire de suite...).

Jeudi 13 avril 2006

C'est parti pour trois jours un peu spéciaux sur le carreau des halles de Bayonne. La foire au Jambon de Bayonne. Je vous ai déjà parlé du meilleur selon moi, qui ne se présente jamais au concours...pour laisser un peu de chance aux autres ; ))

Monsieur Codega m'a fait le plaisir de me proposer de le faire déguster toute la journée de samedi à la cave...on va se régaler ! Ce que je préfère, c'est la chiffonnade à partir du talon du jambon, pas trop salé.

Hier soir nous en avons dégusté avec quatre vins : Baltasar 2003, les vieilles vignes de Grenache en Calatayud (Espagne, Aragon), Romain Pauc de la Voulte Gasparet 2003 (beaucoup plus ouvert, devient acceptable), Signature du Clos Saint Vincent 2001 (St E GC) et Braude Felloneau 2001(Haut Médoc).

Le Médoc était intéressant sur un vieux Comté de 30 mois d'élevage. Belle soirée.

 

Vendredi 7 avril 2006

Ce matin, malgré un réveil brumeux, une de mes oreille traîne sur une emission de RTL consacré à la promotion d'un livre de cuisine, écrit par je ne sais quelle actrice (macha quelque chose). L'émission dont la voie de l'animateur me dit quelque chose (également), pose des questions pour faire gagner un voyage (le résumé est fait). J'entend alors cette question :

"- Quelle est la particularité, lors des vendanges, du vin de paille ?"

Les quelques neurones qui me restaient d'hier soir (voir plus bas) s'enclenchent et crient : fastoche !

La pauvre auditrice se fait aider pour la réponse : on dépose les grappes sur de la paille. Jusque là tout va bien. Mais cette chère macha-machin semble vouloir montrer sa science et se met à nous expliquer le monde des vins. Et là patatra. En deux phrases, elle sort une immensité de conneries. Morceaux choisis :

"- Le vin de paille c'est du vin sucré qu'on boit après avoir fait l'amour, c'est très bien (là je vous avoue je ne dirais rien, elle boit du vin quand elle le veut, c'est la suite qui se corse). On dépose la paille SUR les grappes et après on vendanges (???), alors agit le botrytis, la pourriture noble (re ???), c'est comme une vendanges tardives (bon là j'ai senti qu'elle glissait dangereusement vers le "je-sais-plein-de-chose-je-vais-te-les-dire"). Donc (elle reprend) en fait les vendanges tardives c'est réservé à l'Alsace (faux, Jurançon a depuis peu un agrément Jurançon VT), en Gascogne d'où je viens (et merde, une compatriote), on appelle ce type de vin les premières grives de Tariquet (ah je me meurs...). Parfois on utilise même des gants pour déposer les grappes sur la paille (soit). Avant l'amour il faut boire des petits vins de pays sec, genre les sancerres (tu es vigneron en sancerre ? prend ça dans la gueule) et après un bon vin de paille" Et j'en passe parce que j'ai la mémoire courte.

Bon j'ai essayé de retranscrire ce dont je me souviens. Je suis sur qu'il y a eu bien d'autre bétises de dites là-dessus. Et pas une fois, on va dire à ces chers auditeurs d'où vient le vin de paille !  

Reprenons les choses dans l'ordre :

1 - Un vin est considéré comme sec, demi-sec, doux, moelleux et liquoreux selon la quantité de sucres résiduels

2 - On trouve des vin de paille dans les AOC du Jura (Arbois, Arbois-pupillin, Côtes du Jura et il y a une autre je crois que c'est L'Etoile mais c'est à vérifier). Pour le reste je me mouille pas, allez voir le merveilleux blog d'Olif.

3 - Il y a plusieurs méthodes pour augmenter la densité de sucre dans la baie de raisin : la surmaturation simple et courte dans le temps (dans le gers), le passerillage (dans le Jurançon), le botrytis cinerea (bordeaux et autres), le séchage sur paille (Jura), le séchage sur fils (j'ai vu ça une fois chez un fou) et quelques variantes avec la prise de glace...Mais toutes ces techniques ont le même but : diminuer la quantité d'eau (90% de la composition de la baie) afin d'augmenter la densité de sucre.

4 - Les premières grives de Tariquet sont une marque et non un label ou une appellation. Dans le gers on trouve d'excellent vin doux (entre 25 à 50 g de résiduel) chez Chiroulet ou Uby par exemple. Mais ce sont tous des vins de pays des côtes de Gascogne.

5 - Le terme Vendanges Tardives est effectivement utilisé en Alsace. Il est déterminé par une densité de sucre dans la baie de raisin, comme le terme Sélection de Grain Noble. Si, cher lecteur, tu te souviens de la quantité minimum de résiduel nécessaire afin d'obtenir ces termes, merci de les communiquer en commentaires.

6 - Sancerre est une noble AOC de vins blancs sec de la vallée de la Loire, à base de sauvignon blanc. Notre macha-machin a dire une autre énormité mais je ne m'en souviens plus)

Vous trouvez des vins sucrés dans la plupart des régions françaises. Les techniques et les phénomènes naturels sont partout différents. Cette cher macha-machin nous a fait un petit shaker de tout ça et nous l'a balancé à la radio. C'est malheureux et c'est un mal bien français.

 

Hier soir, sortie cidrerie. La saison bat son plein en ce moment du côté d'Astigarraga. Merci Fabien, Matthieu et Phil pour les bosses. On a passé une bonne soirée. Le cidre est un poil plus puissant que l'an dernier. Et le tinto servi avec le repas était ignoble. Mais c'est pas grave. On a fait un bon repas entre amis et c'était le plus important.

Je vous mets quelques liens et photo de tout ça dans quelques jours, là pour le moment...petit coup de moins bien...

Jeudi 6 avril 2006

Jacques Diharce a créé l'une des trois-quatre bonnes adresses de Bayonne. Au bords de la nive, côté Petit Bayonne, sous les arceaux, vous découvrez une superbe façade en bois. La déco est définit par le nom du resto. C'est la grange de ma grand-mère de Sarlat...

On y trouve la qualité de produit d'un restaurant gastronomique avec le pied sur la chaise, tranquille. C'est détendu. Pas de chichi comme dit maman. Le service impeccable. Sur le métier du restaurateur, on ne peut rouspéter sur grand chose.

Je me suis offert un repas pour mon anniversaire, samedi dernier. Foie gras maison en amuse bouche, délicieux, émincé de noix de saint jacques marinées, d'une finesse extraordinaire, et Jacques nous a cuisiné, pour deux, une épaule d'agneau, toute fondante. En dessert, une assiette tout chocolat avec crème et fondant...à mourir. Le tout accompagné de mon petit Pichon Baron 1999 habituel pour mon anniversaire. Addition : 134€ pour deux. A noter que le pichon, il est à 65€ à la carte, et ça il faut le saluer. J'ai vraiment hésité avec un Palmer 96, un poil plus cher (115€).

Il ne faut pas s'étoner si à la fin du repas un grand gaillard vous tape dans le dos et vous demande si tout s'est bien passé. C'est la maison. Parfois, naturellement, il y a beaucoup de monde et on voit moins le chef.

Pour un repas correct, il faut compter au minimum 40€ par personne sans les vins. C'est donc un resto où l'on réserve (obligatoirement, sinon pas de place) pour se faire plaisir et non pour compter le fond de son porte monnaie. Pour ceux qui on juste envie de découvrir simplement l'adresse, il y a dehors sur une petite pancarte un petit menu à 18€50, tout simple et bon. Mais je le répète, cette adresse et faite pour se faire plaisir. Pour bien manger et être à l'aise.

Je rêve un jour d'avoir une affaire comme celle-ci.

Jeudi 6 avril 2006

Hier matin, un client se promène dans la cave. Il s'intéresse essentiellement aux Bordeaux et Sud Ouest. Je le salue. Bon allez, je me tente à vous décrire la discussion :

"- bonjour ! (ça c'est moi)

"-..jour, vous êtes extrèmement cher ! (ça c'est lui)

Bon ça commence bien.

- ah ? et sur quel vin par exemple ?

- ben tenez ce madiran, je l'achète 12€ et vous le vendez 13€ !

- effectivement je suis EXTREMEMENT cher. Mais je viens d'acheter une BMW série 3 donc j'ai tout augmenter d'un euro. Lorsque j'aurais vendu 29 000 bouteilles, je l'aurai remboursée.

Aucun sourire. Même pas de réaction. J'espère qu'il a pas pris au premier degré. Et ben zut, si !

- Tenez ce chateau en saint emilion, je l'achete au chateau bien moins cher ! Bon c'est vrai le propriétaire est un ami, il me fait un bon prix."

Bon là j'ai compris. Monsieur se fout royalement du millésime présent en cave. Il regarde une marque, il regarde le prix. Et il a de la mémoire. Au lieu de discuter avec moi entre "passionné" avec du savoir vivre, et de me dire qu'il a un super plan pour acheter ceci ou cela, il me balance à la gueule que je suis extremement cher.

Reprenons l'exemple du saint emilion GC. Je l'achète 14€70 HT. Je le revend 29€. A la propriété, vous pouvez l'achetez 18 ou 19 €. Je ne suis ni EXTREMEMENT cher, ni EXTREMEMENT bon marché. Pour rechercher, agrandir ma gamme, je suis obliger de maintenir ce cap. Et cela me permet de faire des fleurs à mes amis, à mes meilleurs clients. C'est ce qu'à oublier ce monsieur. Il n'était pas dans une grande surface.

"- Vous me parlez de petits vins de bordeaux pas cher (et vous savez cher lecteur, ce que moi j'en pense) et les languedoc, les espagnols ? Tenez comme ce vin de grenache en calatayud à 5€ ?

Je lui montre quelques belles bouteilles en roussillon, languedoc, espagne...

- Oh ces régions là je ne connais pas, ça ne m'interesse pas". Texto. En français dans le texte !

Je n'ai pas insisté. Et puis je n'avais pas fini mon inventaire. Habituellement, rien ne peut empécher une discussion autour du vin avec un client. Mais là autant que je finisse de compter, ce dégustateur obtu n'en vaut pas la peine. C'est rare d'être frustré à la rencontre d'un client comme lui. Il m'a balancé à la figure le plus rapidement possible tous les viticulteurs qu'il connaissait, on aurait dit un guide hachette sur pattes. Non, avec le recul c'est plutôt rigolo.Bon je vais être en retard. A bientôt. Et n'oubliez pas la semaine prochaine, c'est la foire au jambon de bayonne !

 

Mardi 4 avril 2006

Dans le Sud-Ouest de ce jour, on trouve une double page sur les médailles accordées lors du dernier concours des vins de Bordeaux.

Je ne critique en aucune façon ce concours, mais voir pratiquement une page entière de médailles d'or ou d'argent sur les AOC de Bordeaux et Bordeaux sup, ça me navre. A quoi ça rime ?

Sans les avoir comptés, il y avait au bas mots une trentaine d'or, quarantaine d'argent et au moins cinquante bronze...

C'est dommage. Imaginons que l'on ne décerne qu'uniquement une médaille d'or, deux d'argent et trois de bronze, par exemple pour valoriser réellement les châteaux et domaines. Aujourd'hui lorsque j'explique comment sont couronnés les vins, les clients semblent extraordinairement surpris. Je crains que la médaille ne serve qu'à ajouter une petite note de marketoche dans les linaires de grandes surfaces.

Plus rigolo : pour les Pessac-Léognan, une seule médaille d'or...Pape Clément ! (Je rappelle pour les non initiés que les propriétaires décident ou non de présenter leur vin).

Aujourd'hui inventaire...ça rigole pas.

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