Hier matin, un client se promène dans la cave. Il s'intéresse essentiellement aux Bordeaux et Sud Ouest. Je le salue. Bon allez, je me tente à vous décrire la discussion :
"- bonjour ! (ça c'est moi)
"-..jour, vous êtes extrèmement cher ! (ça c'est lui)
Bon ça commence bien.
- ah ? et sur quel vin par exemple ?
- ben tenez ce madiran, je l'achète 12€ et vous le vendez 13€ !
- effectivement je suis EXTREMEMENT cher. Mais je viens d'acheter une BMW série 3 donc j'ai tout augmenter d'un euro. Lorsque j'aurais vendu 29 000 bouteilles, je l'aurai remboursée.
Aucun sourire. Même pas de réaction. J'espère qu'il a pas pris au premier degré. Et ben zut, si !
- Tenez ce chateau en saint emilion, je l'achete au chateau bien moins cher ! Bon c'est vrai le propriétaire est un ami, il me fait un bon prix."
Bon là j'ai compris. Monsieur se fout royalement du millésime présent en cave. Il regarde une marque, il regarde le prix. Et il a de la mémoire. Au lieu de discuter avec moi entre "passionné" avec du savoir vivre, et de me dire qu'il a un super plan pour acheter ceci ou cela, il me balance à la gueule que je suis extremement cher.
Reprenons l'exemple du saint emilion GC. Je l'achète 14€70 HT. Je le revend 29€. A la propriété, vous pouvez l'achetez 18 ou 19 €. Je ne suis ni EXTREMEMENT cher, ni EXTREMEMENT bon marché. Pour rechercher, agrandir ma gamme, je suis obliger de maintenir ce cap. Et cela me permet de faire des fleurs à mes amis, à mes meilleurs clients. C'est ce qu'à oublier ce monsieur. Il n'était pas dans une grande surface.
"- Vous me parlez de petits vins de bordeaux pas cher (et vous savez cher lecteur, ce que moi j'en pense) et les languedoc, les espagnols ? Tenez comme ce vin de grenache en calatayud à 5€ ?
Je lui montre quelques belles bouteilles en roussillon, languedoc, espagne...
- Oh ces régions là je ne connais pas, ça ne m'interesse pas". Texto. En français dans le texte !
Je n'ai pas insisté. Et puis je n'avais pas fini mon inventaire. Habituellement, rien ne peut empécher une discussion autour du vin avec un client. Mais là autant que je finisse de compter, ce dégustateur obtu n'en vaut pas la peine. C'est rare d'être frustré à la rencontre d'un client comme lui. Il m'a balancé à la figure le plus rapidement possible tous les viticulteurs qu'il connaissait, on aurait dit un guide hachette sur pattes. Non, avec le recul c'est plutôt rigolo.Bon je vais être en retard. A bientôt. Et n'oubliez pas la semaine prochaine, c'est la foire au jambon de bayonne !
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